Nos voeux imaginaires

Fragmentaires-A-10-01

Combien d’heures les avait-elle observés, là-haut, suspendus au dessus de sa tête. Parfois entiers, géants bourgeonnant dans le bleu laqué du ciel, parfois filandreux et fragiles, déchiquetés par des courants contraires, parfois sanglants  à l’aube de la nuit, éclaboussant la soie céleste de parme et de carmin.

De combien d’animaux en avait-elle habillée les formes, poissons et dauphins esquissés, fendant l’écume et l’azur profond, ou chats sauvages, ours adorables, silhouettes hésitantes filant au simple gré de son intrépide imagination. Elle s’était laissée portée, libre et vibrante, telle une chevelure dansant dans une brise d’été. Rien de l’arrêtait. Aucun interdit, tant qu’elle gardait cela secret.
Il lui suffisait de contempler, allongée dans l’herbe, à l’abri des grands épis blonds, et de laisser son regard dériver, en accrocher quelques uns, de forme particulière mimant ses histoires intérieures. Il suffisait d’y poser ses pensées, légères et colorées, et le tableau s’animait, les contes se déployaient, sans véritables efforts.

Fragmentaires-A-10-03

Texte : Louise

Photos : Aaron

Publicités

3 réflexions sur “Nos voeux imaginaires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s