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Elle avait survolé de petites îles, puis des plus grandes et parcouru le ciel des cinq continents. Elle voulait être certaine de ses craintes mais le constat était sans appel. Elle avait fait le tour de la Terre et était en colère. En colère contre les Hommes qui l’avaient oubliée et qui avaient sacrifiés leurs rêves d’enfants pour des ersatz de vies modernes.

Jadis, elle enchantait les cœurs aux travers de contes, de chansons et d’histoires extraordinaires qui se transmettaient de générations en générations. À cette époque un Lien indicible la connectait aux êtres humains ; les « petits » surtout, les pures comme elle aimait les nommer. Elle remplissait leur imaginaire et jouait souvent à cache-cache avec eux. Elle les faisait rire, s’émerveiller et grandir. Devenus adultes, les Hommes lui prêtaient des pouvoirs fantastiques ; mais au mieux elle faisait tomber la pluie lorsque cela était nécessaire ou elle disparaissait pour laisser l’azur s’étendre et réchauffer les âmes. Elle aimait plus que tout entendre leurs clameurs. Elle se sentait forte et protectrice ; elle vivait.

Et puis les années ont dilué son aura. Le soit-disant progrès comme le nommait les Hommes, ce challenger qu’elle avait sous-estimé, l’a petit à petit remplacé dans leurs vies.

Quelques irréductibles veillaient à entretenir le Lien ; de moins en moins nombreux au fil du temps qui les emportait ; jusqu’à ce que la transmission ait disparu.

Elle errait aujourd’hui dans l’immensité du ciel, invisible aux regards des humains.

Avant de retourner au-dessus de l’océan et disparaître en se liquéfiant elle survola une dernière fois une plaine africaine, là où l’Homme était né il y a quelques millions d’années ; elle regarda un troupeau d’antilopes s’abreuver dans une marre et croisa le regard d’une d’entre-elles. Ce fut une nouvelle révélation ; aussi intense que la première fois. Une deuxième impala, puis le troupeau entier, leva la tête ; un bramement général accompagna une révérence collective. Là-haut dans le ciel, en s’effaçant pour laisser place au bleu chatoyant, la baleine ailée sourit.

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Texte : Alain
Photos : Louise

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