Le Dernier Rempart – Partie I

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Le feu brûlait paisiblement dans le grand âtre en pierre brute de l’auberge, réchauffant plus que nécessaire la grand-salle déjà comble. La fermeture quotidienne de la mine et les bourrasques froides de l’automne naissant avaient conduit les pas fourbus des villageois sur le chemin bien connu de « Le Dernier Rempart », seul lieu de repos et de gaieté de leur petit bourg isolé, perché sur le flanc Nord des Monts Éternités. Comme chaque soir en cette saison, la maigre population locale s’y était réunie afin de goûter la fameuse soupe du jour – Eita la cuisinière excellait dans l’art de manier les ingrédients anodins et d’en tirer des saveurs à la fois nouvelles et délicieuses – de s’abreuver de chocolat fumant à la cannelle pour les plus jeunes, de vin chaud aromatique ou de bière brune pour les autres.

Roban, le propriétaire des lieux, s’installa à sa table attitrée et prit une gorgée de l’alcool chaud agrémenté d’épices voluptueuses. Il laissa échapper un « ah ! » de satisfaction alors que le breuvage coulait telle du feu liquide le long de sa gorge pour apaiser sa carcasse que les entrailles de la Montagne avait congelée. Décidément, Eita n’avait pas sa pareille pour chouchouter les papilles de ses clients. Enfin réchauffé, l’homme massif posa son dos douloureux contre la pierre tiède des murs de son humble commerce et jeta autour de lui un regard plein de douceur et de contentement. Les gosses du village s’étaient rassemblés, tous âges confondus, près de la cheminée et s’amusaient bruyamment avec les pions noirs et blancs d’un jeu que des aînés avait ramené des plaines lors de leur ravitaillement mensuel. Les adultes n’étaient pas en reste : certains s’adonnaient déjà à leurs sempiternelles et houleuses discussions au sujet de leur journée de labeur, chaque équipe cherchant à s’imposer haut et fort comme la plus experte dans l’exploitation du filon dont ils étaient responsables et ce, bien entendu, dans le strict respect de leur Art et de leur savoir-faire séculaire. D’autres, encore, lassés par ces conversations qui ne menaient à rien, préféraient s’entraîner dans un coin plus dégagé de la salle, jouant à un tout nouveau jeu d’adresse consistant à viser le centre de cercles concentriques avec de petites flèches, un peu plus longues qu’un doigt, lancées à la main. Entre les rixes verbales et la cacophonie des rires avinés, l’animation était à son comble.

Un éclair zébrant le ciel obscurci attira l’attention de Roban qui scruta l’extérieur à travers la fenêtre embuée. Une pluie drue et glaçante se déversait sur les maisonnées agrippées les unes aux autres autour du grand monument de pierre noire qui constituait le centre du village. Même à cette distance, l’aveuglante blancheur de la foudre éclairait par intermittence les mystérieuses inscriptions qui ceinturaient le bloc poli en quatre faces parfaites, formant un parallélépipède deux fois plus haut que l’auberge.

Les sourcils de Roban se froncèrent d’inquiétude. Un temps pareil ne s’observait pas tous les jours dans le coin. Un peu plus tôt dans la journée, alors que le soleil disparaissait derrière l’horizon cisaillé par les chaines montagneuses, le ciel jusque là d’une pureté de cristal avait couvert ses joues rosées du sombre voile de la nuit. Puis, profitant de l’obscurité, d’étranges nuages noirs s’étaient amoncelés au dessus du minuscule plateau sur lequel le village avait été bâti, s’agglutinant au-dessus de leurs toits d’ardoise comme autant de vautours auprès d’un charnier. Depuis, la pluie s’abattait sans relâche en un rideau compact que seuls les éclairs parvenaient à transpercer.

L’attention de Roban se porta à nouveau autour de lui, scrutant les visages de ses hôtes, rasséréné de constater que personne ne manquait à l’appel. Tous les hommes et les femmes du village, une petite quarantaine au total, se trouvaient bien ce soir dans son accueillante auberge. Le ciel pouvait donc se déchainer autant qu’il le voulait, les habitants de RocheBrume ne risquaient rien.

Il reprit une nouvelle gorgée de sa chope et, appuyant sa nuque contre le mur, se laissa aller à fermer les yeux. Les voix joyeuses de ses concitoyens sonnaient agréablement à ses oreilles. Il en oubliait presque le grondement insistant de la tempête.

Il allait s’assoupir lorsqu’une bourrasque de vent glacial le fit frissonner, ravivant ce sentiment de froideur qui semblait s’être installé pour toujours au creux de son estomac. Un coup d’œil en direction de la source polaire le figea sur place : une imposante silhouette noire se tenait dans l’encadrure de la porte.

Un silence de mort était tombé sur l’auberge, chaque paire d’yeux braquée sur la longue cape qui claquait dans le vent et se découpait du rideau d’argent tombant en ruisseaux sur le seuil de la porte. Les éclairs furieux déchiraient les ténèbres sans toutefois parvenir à percer l’obscurité de la capuche de l’étranger, largement rabattue sur son visage. Enfin, il pénétrait dans la pièce, son pas lourd heurtant le plancher dans un raclement inquiétant. La porte se referma derrière lui, aussi brutalement qu’elle s’était ouverte. Le pâle crépitement du feu et le clapotis des gouttelettes d’eau s’étalant autour de l’intrus en de vastes flaques meublèrent un instant le silence alors que toute l’assistance retenait son souffle. Une main gantée surgit des lourds replis de la cape pour repousser le tissu imbibé d’eau qui coiffait l’individu.

Une cascade de cheveux de jais coula en mèches indisciplinées sur les épaules carrées du voyageur, laissant apparaître dans la lueur ambrée du feu un regard profond au bleu vif saisissant. Dans un jeu de clair obscur fascinant, se dessinèrent enfin l’arête parfaitement droite d’un nez altier, les traits séduisants d’une mâchoire carrée, une bouche pleine et sensuelle sur laquelle un charmant sourire était esquissé.

Retrouvant ses esprits la première, Lynelle, la cadette du village, se redressa d’un bond et du haut de ses trois ans tendit un doigt potelé vers l’homme qui leur faisait face :

«  T’es qui toi ? » couina-t-elle alors que le sourire de l’homme s’étirait franchement, dévoilant une rangée de dents blanches et régulières.

« Quelqu’un qui ne serait pas contre un repas chaud. Le voyage jusqu’ici n’a pas été aussi aisé que prévu, » répondit-il d’une voix de ténor.

Puis constatant que sa prise de parole ne rompait pas la glace pour autant, il effectua une savante révérence en direction de l’enfant et rajouta « s’il vous plait, charmante Damoiselle ».

Les yeux gris de l’enfant se voilèrent alors que, dans une moue méfiante, elle répondit :

« Et comment tu connais le chemin pour venir jusqu’à chez nous ? »

En effet, la question méritait d’être posée. La route qui menait à RocheBrume appartenait à ses secrets séculaires dont chaque habitant du village était le Gardien Solennel. Non contente de n’être accessible qu’aux seuls montagnards expérimentés, elle suivait un parcours qui changeait au fil des saisons et que seuls les initiés parvenaient à déchiffrer. De plus, chacun des obstacles mortels qui la jalonnait demandait un Savoir et des Compétences qui ne se transmettaient qu’entre pairs. Pas un seul membre de leur éclectique communauté ne se serait avili à en trahir le moindre détail, fût-il infime, et sous quelques conditions que ce soit. Ainsi, il était impossible qu’un quidam quelconque puisque arriver jusqu’à eux, qui plus est dans des conditions climatiques aussi effroyables. Toutes ces considérations, que chaque personne dans l’assemblée avait à l’esprit, eurent le mérite de sortir Roban de sa torpeur. Alors qu’un sentiment de malaise indéfinissable lui nouait la gorge et accélérait son rythme cardiaque, l’homme se redressa et réfléchissant à toute allure, vint de toute son impressionnante carrure s’interposer entre l’enfant et l’étranger.

Durant un laps de temps indéfinissable les deux hommes se jaugèrent du regard et le malaise de Roban en fût accentué. Son instinct lui hurlait quelque chose d’important à l’oreille et bien qu’il fût tout ouïe le message lui demeurait encore incompréhensible.

L’orage choisit cet instant précis pour décupler de rage et défier les Montagnes. Un grondement effarant ébranla la roche qui trembla sous leurs pieds. Les cieux chargés de la masse noire et malsaine des nuages s’illuminèrent d’une blancheur pure et aveuglante avant de laisser l’obscurité fondre tel un raz de marée inéluctable jusqu’aux portes du village, avalant toute vie dans ses brumes glacées. Le temps semblait suspendu, le reste du monde englouti par les Ténèbres. Seul l’âtre rougeoyant de l’auberge palpitait encore dans le Néant.

Imperturbable, l’étranger pencha la tête sur le côté d’une curieuse façon puis paumes en l’air en guise d’apaisement, reprit la parole.

« Peut-être serait-il plus sage que j’ôte ce vêtement qui souille votre noble sol, Aubergiste ? »

Le ton moqueur de sa voix lorsqu’il prononça ce dernier mot n’échappa pas à Roban, qui, bien que tous ses signaux d’alarme soient au rouge, opina lentement du chef. Quelque chose dans les traits du nouveau venu lui paraissait étrangement familier. Peut-être était-ce son regard d’un bleu si lumineux qui l’épinglait tel un vulgaire papillon exotique au fond de sa boite. Ou encore sa posture, féline, à la fois noble et menaçante, cette façon de bouger en économisant ses gestes, qui le faisait ressembler à un prédateur en chasse.

L’homme ôta sa cape d’un geste désinvolte et la posa avec familiarité sur le dossier d’une chaise libre, évoluant dans la salle commune comme s’il rentrait à la maison après un trop long voyage. Puis il s’installa à une table inoccupée, adressant en chemin un regard amusé au maitre des lieux. Roban n’aurait pu expliquer pourquoi mais, avec une parfaite symétrie, il cala sa démarche sur celle de l’inconnu et vint se placer en face de lui, mains en évidence et coudes posés sur le bois poli.

Le duo resta un long moment sans parler, se défiant du regard, alors que peu à peu, la salle reprenait timidement vie. Malgré la tension palpable, les enfants firent mine de s’intéresser à une nouvelle partie, alors que les adultes reprirent leurs conversations en chuchotant. Bien sûr, personne n’était dupe et chacun s’attendait à ce que la violence explose à tout moment.

Par-dessus le comptoir, Eita adressa une requête muette à Roban qui hocha brièvement la tête. Les joues en feu, la rouquine s’empressa de les rejoindre, un grand bol de soupe fumante entre les mains qu’elle déposa devant leur indésirable « invité » avant de détaler dans un froufroutement de jupes et de rubans.

« Comment ne pas vous remercier devant tant de générosité spontanée ! » ironisa l’homme aux cheveux de jais en trempant sa cuillère dans l’onctueux breuvage.

Une fois encore l’Aubergiste ne releva pas la pique, trop occupé à scruter le visage énigmatique qui lui faisait face. Où avait-il déjà vu cet homme ? Qu’était-il venu chercher ici ?

« Certes, le voyage fût éprouvant. Mais il en valait la peine. Ne serait-ce que pour cela, » continua le voyageur en désignant le contenu de son bol, la mine appréciatrice du gourmet devant un met de grande qualité. « Toutes mes félicitations, ma belle dame ! » lança-t-il en saluant noblement Eita, laquelle vira au cramoisi et jeta un regard gêné à Roban.

L’aubergiste se contraint à rester immobile et à garder patience, alors que ses muscles tétanisés commençaient à le faire souffrir. Des gouttes de sueurs perlaient à ses tempes et l’adrénaline pulsait dans ses veines. Toute cette tension lui était d’autant plus insupportable qu’il ne savait pas exactement ce qu’il craignait. Il ressentait pourtant jusqu’aux tréfonds de son être tous les signaux avant-coureurs d’une catastrophe imminente. La simple hypothèse que ses protégés puissent risquer leur vie l’exhortait à décupler sa vigilance. Non, il ne tolérerait pas qu’il leur arrive quoi que ce soit.

L’intrus acheva tranquillement sa soupe, puis en reposant avec soin sa cuillère sur le côté, reprit son monologue d’un ton badin.

« Évidemment, vous vous doutez que je ne suis pas venu jusqu’ici pour un simple repas, aussi agréable soit-il. » Son regard prit un éclat menaçant. « N’est-ce pas, Roban ? »

Le cœur de l’Aubergiste rata un battement. Comment pouvait-il connaître son nom ? Il accusa le choc mais refusant de céder plus de terrain qu’il ne l’avait déjà fait, il répondit du tac au tac :

« En effet, Étranger. Cette éventualité ne m’avait pas effleuré l’esprit. »

Il se redressa alors sur sa chaise prétextant un changement de position pour glisser une main discrète sous la table en direction de l’arme qu’il portait à sa taille. Cette même arme qu’il n’aurait jamais cru un jour utiliser dans sa propre auberge.

Le visage de son interlocuteur se fendit d’un sourire carnassier.

« Vous seriez prêt à tout pour défendre les vôtres, n’est-ce pas, Grand Armurier ? »

Roban avait fini de s’interroger sur l’effarante étendue des connaissances de l’homme au regard bleu, fini de se demander d’où il tirait ce savoir jalousement gardé depuis des siècles. Seul comptaient à ses yeux les enfants qu’il protégeait, les hommes et les femmes qui l’épaulaient de leur plein gré dans le dur labeur qui était le sien. S’il devait donner sa vie et plus encore, son âme, pour les épargner, il n’hésiterait pas une seconde. Car aussi ingrate soit-elle, leur tâche n’en demeurait pas moins aussi indispensable que sacrée. Et ce qu’ils extrayaient des profondeurs béantes de la Noire Montagne méritait tous les sacrifices.

« Bien plus encore que vous ne pouvez l’imaginer, » siffla Roban la mâchoire serrée alors que ses doigts se fermaient sur la pierre bleue qui crépitait dans l’étui de cuir pendu à sa ceinture.

De ses prunelles aussi brûlantes que les Ténèbres, l’étranger jaugea l’aubergiste, décryptant sur ses traits tendus la farouche détermination qu’on lui opposait. Puis, il éclata d’un rire tonitruant qui couvrit le vacarme de l’orage et déstabilisa Roban.

« Vous n’avez pas été choisi à la légère, Grand Armurier. Voilà qui me rassure. »

L’homme épousseta son plastron en cuir épais comme pour se débarrasser d’une poussière insignifiante puis reprit la parole.

« Pourtant votre courage ne suffira pas à sauver chacun d’eux. »

D’un geste de la main, il embrasa la salle et l’ensemble de ses occupants dont il avait gagné pour l’occasion la plus parfaite attention.

Lynelle qui s’était rapprochée d’eux et avait posé sa tête blonde contre la poitrine de Roban, foudroya de ses grands yeux coléreux l’homme qui leur faisait face.

« On a pas peur de toi, de toute façon ! On sait se défendre contre les gens qui veulent piller nos mines. » jeta-t-elle en serrant ses petits poings.

— Pourtant tu devrais avoir peur, jeune enfant. Ne serait-ce que pour conserver la vivacité qui est la tienne. Elle pourrait vous être utile à tous d’ici peu. »

D’une main ferme et pourtant précautionneuse, le maître des lieux repoussa la fillette.

« De quel droit venez-vous chez nous pour proférer vos menaces, Étranger ? » cracha-t-il à bout de patience alors que d’un impérieux regard il ordonna à Lynelle de rejoindre le coin du feu et de ne plus bouger.

Une fois que l’enfant fut hors de portée et qu’il se fût assuré que personne d’autre ne s’interposerait entre lui et son adversaire, il délogea de la sacoche son dangereux contenu. Au contact de ses doigts, la pierre se mit à palpiter et la colère se déversa en vagues pulsatiles dans les veines de l’Armurier. La puissance du joyau contracta ses muscles, électrisa son corps qui se préparait déjà à l’attaque.

« Rentrez votre Arme, Maître ! gronda l’inconnu d’un ton qui ne souffrait aucune désobéissance. Outre le fait qu’elle n’aura aucun effet sur moi, je vous suggère d’en faire économie en prévision des jours à venir. »

Comme Roban s’immobilisa, estomaqué par ce qu’il venait d’entendre, l’autre continua :

« Croyez-moi. Malgré les apparences, je ne suis pas votre ennemi. Mais plutôt un… Messager. »

Ce mot sembla l’amuser follement car un large sourire étira ses lèvres.

« Cessez vos devinettes, Étranger ! Que va-t-il se passer dans les jours à venir ? » s’enquit l’Armurier d’une voix rauque, refusant toutefois de lâcher la pierre qui scintillait dans le creux de sa main.

Indifférent, l’homme lui tourna le dos et faisant rouler les muscles de ses épaules, se saisit d’une chope traînant sur une table pour y boire une généreuse gorgée.

« L’automne est là, comme vous avez dû le remarquer, Maître. Et malgré les calendriers archaïques dont vous disposez ici bas, je ne doute pas que vous sachiez compter les décans. Faites le calcul vous même. Vous comprendrez… »

Puis, semblant mettre un point final à leur discussion, il récupéra sa cape et s’en couvrit les épaules d’un ample mouvement qui fit voleter de minuscules gouttelettes d’eau en arc de cercle autour de lui.

« Je m’attendais néanmoins à ce que vous soyez mieux préparé à ma venue, Armurier. Certes l’attente fût longue de quelques siècles. Mais tout cela était prévu. »

Il s’engagea alors vers la sortie et embrassa de son regard intense l’assemblée dont il détailla chaque membre, faisant reculer les villageois sur son passage.

« Oh ! J’allais oublier ! »

Il se retourna et marcha vers Roban, semblant dévorer l’espace par sa seule présence. Avant que l’intéressé ne puisse esquisser un geste, il déposa sur la table un petit paquet scellé à la cire puis s’éloigna sans ajouter un mot.

Hypnotisé par l’objet placé devant lui, le Grand Armurier ne vit pas l’homme à la cape franchir le pas de la porte.

Une bourrasque glaciale fit frémir le feu dans l’âtre et la porte se referma dans un claquement sec.

Roban tendit une main tremblante vers le pli qu’il décacheta en retenant son souffle. Même s’il savait ce qu’il contenait, il avait besoin de voir. Les conséquences étaient trop dramatiques pour que ses seules déductions ne le forcent à accepter l’inéluctable. À l’intérieur de l’épais papier de noble facture, une pierre polie aussi noire que l’ébène scintillait sous la lumière ambrée des flammes. Au centre de l’obsidienne, un seau familier avait été gravé : un œuf au creux duquel était serti un saphir.

L’horreur déferla sur le Maître qui se rua jusqu’à la porte et l’ouvrit à la volée.

« Oracle ! Je vous en conjure, revenez ! »

La pluie glaciale s’abattit en trombes déchaînées sur ses épaules, giflant son visage et son torse déjà transis de froid. L’eau ruisselait sur son front et sur ses yeux, l’empêchant de distinguer quoi que ce soit.

Un double éclair illumina l’autel Noir des Aînés qui trônait au centre de la place et pendant une fraction de seconde, Roban crut y voir la silhouette musculeuse du voyageur, une paume appuyée sur la pierre sacrée.

« Oracle ! De combien de temps disposons nous ?

Mais le rugissement du ciel étouffa sa voix.

Et l’ombre intangible et vaguement humaine se dilua dans les Ténèbres, laissant le Maître Armurier seul avec sa terreur, le sceau des Révélations crispés entre ses doigts.

Le compte à rebours avait commencé.

 

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Photos : Alain
Texte : Louise

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